ENTENTE SPORTIVE MAINTENON PIERRES : site officiel du club de foot de PIERRES - footeo

25 août 2020 à 16:12

Valéry CHARTIER

Valéry CHARTIER

habite à Pierres

42 ans

Entrainement avec Guillaume

 

 

Quel est ton parcours dans le club ?  

« J’ai signé en 1989, en provenance de Bouglainval, où j’avais commencé à 5-6 ans Et je crois qu’après, il n’y avait plus d’équipe jeune. Il y avait aussi une équipe de seniors. A l’époque, il y avait des équipes de jeunes à Bouglainval, à St Piat, à Villiers, à Hanches. Je pense qu’à l’époque il y avait beaucoup plus d’enfants qui jouaient au foot que maintenant, il y avait beaucoup moins de loisirs. Et depuis 1989, je suis toujours resté à Maintenon, je n’ai jamais lâché. »

 

Quelles ont été tes plus grosses émotions ?

Joie : « Ce qui me vient à l’esprit, naturellement … des matchs de la montée, cela devait être en 2002, quand la B était montée en R3, la PL à l’époque  Et même le match de la montée, ici, j’avais marqué sur un ciseau retourné, sur un centre de Jéjé, donc mélange d’une joie très personnelle, le but, et une joie très collective, la montée. On avait 2 équipes en Régional, une sorte d’apogée pour le club. Et autre chose, quand, avec Jéjé, on avait repris la 1ère, en maintenant le club, contre Luisant. Moment très important, car si on ne gagne pas le match, en 2017, je crois, je ne sais pas où le club serait aujourd’hui. »

Déception : « Des déceptions sportives, il y en a quelques-unes …  je me rappelle d’un match, cela devait être en 2008, je crois, quand on descend de DHR/R2, on joue un match hyper important, à Giens, on mène 2-0 à la 90ème et on perd 3-2 en prenant  3 buts dans les arrêts de jeu, vive déception, mais ce n’est que du sportif, ce n’est jamais très très très important... Si je devais parler des choses qui peuvent me décevoir, me marquer, c’est quand j’entendais et j’entends encore beaucoup trop des propos racistes ou homophobes sur le bord du terrain ou sur le terrain, c’est ce qui me déçoit et qui aurait pu à un moment me pousser à arrêter. Ce n’est pas lié qu’au foot, le foot, un club, ce n’est que le reflet de ce qui se passe autour. Sinon  au niveau blessure, juste le ménisque, à 16 ans, mais rien de grave, sinon, malgrés mon jeu engagé … »

 

Quel est ton rôle aujourd’hui (joueur – poste, dirigeant, …)?

« Quand j’étais gamin, et jusqu’à mes 35 ans, je jouais principalement 10 ou avant-centre, c’est dur à croire pour ceux qui me connaissent maintenant et pour tous les jeunes qui jouent avec moi, donc principalement devant. Et l’âge aidant, j’ai reculé, reculé, j’ai joué beaucoup plus au milieu et maintenant en défense centrale. Plus jeune, je marquais donc beaucoup plus de buts, maintenant, c’est tout de même très rare.  »

 

Pourquoi fais-tu du foot ?

« Pourquoi j’ai fait du foot : parce qu’à Bouglainval, il n’y avait pas grand-chose d’autre, et mon frère faisant du foot, il m‘a inoculé le virus … et mon grand-père, qui avait été gardien de but, mais c’était avant-guerre, et je ne l’ai jamais vu jouer, malheureusement. Pourquoi j’en fais encore : parce que plus que le foot ou le sport, ce que j’aime, c’est la compétition, ce qui me raccroche encore au club. Le jour où je ne serai plus compétitif, que je ne pourrai plus rendre service, j’arrêterai, je n’irai pas jouer en UFOLEP, pas en vétérans, cela ne m’intéresse pas. Quand tu as connu le foot à un certain niveau, ce qui m’intéresse, c’est quand il y a de l’enjeu, tout ce qu’il y a autour, les avants matchs, les causeries, l’entrainement, la mise en place tactique, tout ce qui fait le coté compétitif du football. Cela aurait pu être dans un autre sport, mais c’est le football, et c’est pour cela que je suis encore là. Et aussi parce que je ne me sens pas vraiment en décalage avec la génération actuelle. J’entends beaucoup de gens de mon âge dire que la mentalité n’est plus pareille, que les jeunes sont des consommateurs de foot… Je pense que c’est des conneries, des réflexions de ‘vieux cons’. Des jeunes qui ne venaient que consommer, j’en ai connu à tout âge. Actuellement, je vois toujours des  jeunes qui sont motivés, d’autres moins. Des jeunes motivés, il y en a des exemples au club. Un jeune comme Sidy, c’est un exemple. Il ne faut pas se leurrer non plus, je suis encore là pour le plaisir. Quand j’aide Guillaume, sur le banc, même si il voudrait peut être que je fasse plus, c’est pour dépanner, pour faire l’entrainement quand il y en a besoin, j’y prends du plaisir, mais je suis encore trop joueur dans ma tête pour basculer la dedans… Mais je ne ferme la porte à rien, mais c’est beaucoup d’investissement voire de temps. Quand on fait cela, il ne faut pas le faire à la légère. Donc pour l’instant, j’ai aussi pu apporter un peu d’aide à Sébastien, même si il n’en a pas besoin, si cela le conforte dans ce qu’il fait, cela ne me dérange pas. Mais pour l’instant, je suis tellement joueur, tout au moins dans ma tête, sur le terrain je ne sais pas… »

 

Quelle est ton équipe de foot préférée ?  

 « Je ne suis pas supporter, je supporte les équipes française en coupe d’Europe et l’équipe de France. Et comme joueur, quand j’étais gamin j’étais un grand fan d’Eric Cantona. »

 

Y-a-t’il d’autres membres de ta famille au sein du club ?  

« Oui, mon fils, Camille, qui la saison prochaine sera en U12. »

 

L’année dernière, les équipe A et B seniors sont montées de division, pour être cette année en Régionale 3 et en 2ème Division départementale. Tu en as pensé quoi ?

« C’est un retour à la normal, Maintenon est à sa place. On n’est pas encore remonté en R2, comme on était à une époque. D’un point de vue personnel, j’ai participé à ces 2 montées ; cela m’a conforté dans l’idée d’avoir continué, parce que j’ai pris beaucoup de plaisir. Je me souviens d’un match avec la 1ère à Châteaudun, moment charnière de la saison. Et j’ai participé au match de la montée, avec la B, où il y avait une ambiance assez phénoménale, que je n’avais pas connu à Maintenon. C’était sur le synthétique donc les supporters étaient très proches du terrain. Lors de l’épopée de la coupe de France, j’avais du faire les premiers tours mais jamais les gros matchs. Quand tu joues des matchs pour la montée sur le terrain d’honneur, ce n’est pas la même chose, il y a la piste, le public est beaucoup plus loin ; et il ne faut pas se leurrer, Maintenon n’a jamais été une grosse grosse ville de sport et de football. Mise à part la coupe de France, il n’y a jamais eu un engouement énorme. Cela m’a conforté dans le fait que, même à un petit niveau, on peut tout de même avoir de grosses ambiances et prendre énormément de plaisir. C’est un super plaisir, même si il est récent et que j‘étais déjà très vieux …»

 

Il y a eu la coupe du monde féminine, l’année dernière, en France. Tu as regardé quelques matchs ?

« J’ai regardé essentiellement les matchs de l’équipe de France. C’est vrai que je regarde beaucoup beaucoup moins  de foot à la télé, même chez les hommes, parce que de toute façon, tout est payant. Je pense que le football féminin progresse beaucoup. Techniquement et tactiquement, c’est intéressant, mais cela va moins vite. Ce n’est pas le même football, mais c’est tout aussi intéressant. A l’époque où j’habitais à Paris, j’étais allé voir un ¼ de finale de Ligue des Champions Paris/Lyon, à Charlety, Pendant 18 ans, j’habitais Paris et je jouais à Maintenon. Je faisais une fois par semaine l’aller-retour pour m’entraîner et pour le match du week-end. Le foot féminin, et le sport féminin en général, c’est un peu l’illustration de la place des femmes dans la société. On considère que ce n’est pas profitable. Aucune vision médiatique, aucun sponsor, …Dénigré même sans connaitre. Mais heureusement, cela évolue un peu. »

 

Tu connais le site Footeo, la page Facebook et le compte Instagram ?

« Footeo, oui. Fb,oui, mais juste de nom, je n’y vais jamais, et Instagram, non, pas du tout. »

 

Quel(le) est ton chanteur / ta chanteuse / ton groupe préféré(e) ? 

 « C’est vaste … si il faut choisir, les Beatles. Sinon, comme chanson préféré, tout sauf Sardou. Les chanteurs de droite, ce n’est pas mon truc. J’ai failli quitter le club quand on a commencé à chanter Sardou dans les vestiaires ; c’est le seul moment où je me suis dit qu’il fallait que je me barre de ce club. »

 

Quelle est ta voiture préférée ?

« Je n’en ai vraiment rien à faire, des bagnoles. Les voitures, cela ne m’intéresse pas du tout. »

 

Quel est ton lieu de vacances préféré ?

« Euh … non, peu importe, à partir du moment où on est en famille ou entre amis, cela va très bien. » 

 

Que penses-tu des changements dans le club de football de Maintenon ?

« Vue mon ancienneté, j’ai connu beaucoup de choses dans le club. L’arrivée du synthétique, effectivement, c’est un super outil de travail, on ne peut pas dire le contraire ; on  s’entraîne toute l’année, on peut donc continuer à progresser. Si on veut parler de ce que l’on a connu à l’époque, des conditions d’entrainement, les entraînements annulés, … C’était un peu le Moyen Age. Après, le foot, c’est tout de même un sport qui se joue sur l’herbe, le jeu sur synthétique, ce n’est pas du tout la même chose. Quand on retourne sur l’herbe, c’est toujours un peu compliqué. Le foot, c’est l’odeur de l’herbe coupée, ce n’est pas l’odeur du caoutchouc. L’évolution des infrastructures, c’est bien, mais ce n’est pas l’essentiel. Un club, une association, cela repose essentiellement sur des gens, des bénévoles qui s’investissent. Et je pense que l’intérêt de ce club, c’est qu’il a toujours réussi à avoir, et encore de plus en plus maintenant, une structure bénévole qui est assez formidable. J’avais participé, il y a quelques années, à un bouquin de François Ruffin qui s’appelait : ‘Comment ils nous ont volé le football’ et il y avait un autre livre qu’il avait écrit ‘Le miracle des maillots pliés’ où il expliquait que c’était un miracle, quand il retournait dans les vestiaires, chaque week-end, d’avoir des maillots pliés, lavés etc .. alors qu’il les avait laissés tout crasseux la semaine d’avant ;  et il disait donc qu’un club, cela reposait là- dessus. Effectivement, il y a des dirigeants, des joueurs, des éducateurs qui s’investissent, qui sont là, mais ce n’est pas l’essentiel. L’éducateur, le joueur, il prend du plaisir à ce qu’il fait, il sait pourquoi il est là. Mais tous les gens qui s’occupent de laver les maillots, tenir la buvette, faire des interviews pour le site… tout ce qui fait la vie d’un club, ce qui fait que le dimanche on se retrouve avec plaisir, qui donne la vie à un village… Cela repose sur des gens qui font des choses qui ne sont pas ‘profitables’. Cela donne encore un peu de foi dans la société. Quand je parle de ces gens-là,  j’ai juste un exemple en tête, quelqu’un dont on ne parle pas assez au club, et que j’ai connu, c’est Jean Claude Biais, qui n’est plus là, mais que j’ai connu depuis tout petit, qui a dédié sa vie au club. Il n’était jamais à l’affiche, ce sont des gens dont on ne parle jamais … mais qui font qu’un club continue à vivre, et si ces gens n’existent pas, tu peux avoir tous les joueurs que tu veux, tous les magnifiques entraîneurs, tacticiens que tu veux … Sinon, dans le jeu, cela permet de développer un jeu qui m’intéresse plus, effectivement, plus jouer à terre, pour ressortir propre, de derrière. Après, c’est plus compliqué pour moi, car le jeu va plus vite, et pas que maintenant, car je n’ai jamais été vite…L’herbe permet quelque fois de niveler les qualités de vitesse. Pour les tacles, cela ne me dérange pas, car je ne tacle pas …»

 

FM  2020-08

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