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28 mars 2021 à 18:43

Nos arbitres officiels : Alexis RICHARD

Alexis RICHARD

28 ans

 

Depuis quand fais-tu du foot et depuis quand es-tu arbitre ? :

« J’ai été joueur, comme beaucoup d’arbitres et je dirais même comme tous les arbitres. J’ai commencé à jouer au foot, dans un petit club de campagne, où mon père était président, en Côte d’Or. J’ai joué pas mal d’années. Après, toujours en jouant, j’ai voulu entrainer les p’tiots, j’ai passé une formation. J’ai été éducateur pendant 4 ou 5 ans. J’entrainais des 5 à 13 ans. C’était il y a plus de 10 ans, déjà. »

 

Pourquoi as-tu voulu devenir arbitre ? :

« Et après, arbitrage, donc depuis 10 ans, en tant qu’officiel. Avant, pas trop, car quand on est p’tiot, on a plus envie de jouer au foot qu’arbitrer. J’arbitrai 1 ou 2 match, mais c’était pour dépanner, je ne pensais pas faire carrière dans l’arbitrage. En senior, j’ai eu une grave blessure, j’ai dû me faire opérer, malheureusement, à la cheville droite, suite à un tacle, et après, j’avais cette appréhension de reprendre le foot. Ce n’était pas possible, j’avais  à chaque fois peur de me faire tacler. Je jouais plutôt offensif, donc les coups… J’ai donc décidé d’arrêter et de me lancer dans l’arbitrage. Mais je ne te cache pas que j’ai cumuler les 3, entraîner, jouer et arbitrer… Il a fallu faire des choix, j’ai arrêté d’entraîner . Quand j’étais encore jeune arbitre de Ligue, je continuais de jouer en même temps. Et après, j’ai arrêté de jouer. Des fois, j’arbitrais le dimanche matin et je jouais en senior l’après-midi, je faisais une bonne mi-temps, facile, mais après je finissais avec des crampes, beaucoup trop fatigué. Après, dès que  tu es arbitre de Ligue, tu commences à faire un peu de kilomètre, c’est compliqué. Je partais le dimanche matin, très très tôt, et je rentrais tard. J’ai été officiel en mars 2010 si je ne le trompe pas, j’avais presque 18 ans. Même mineur, je pouvais arbitrer des seniors. Si un arbitre a commencé vers 14 ans, et qu’on voit qu’il se balade en 17-19, on va pouvoir le lancer un petit peu en senior, mais toujours en l’accompagnant un minimum. Mais c’est vrai que pour un gamin de 17-18 ans, c’est compliqué d’aller arbitrer des vieux briscards d’une trentaine d’années.  Je viens du club d’Epernon, où j’ai officié un an, qui était le club le plus proche, à un certain niveau, de mon domicile, Rambouillet.  »

 

Tu arbitres quelles catégories et à quels niveaux ? :

« J’ai donc commencé en tant que jeune arbitre de district, comme beaucoup d’arbitres mineurs, -15 et -18, ce n’était pas encore les catégories U.., et au bout de 6 mois, je suis monté en Ligue, direct. A 18 ans, j’étais donc en Ligue. Je ne pouvais malheureusement plus être jeune arbitre de la Fédération, à cause de mon âge,, j’ai commencé trop tard l’arbitrage. Avec beaucoup de regrets, car j’aurai bien voulu tenter d’accéder à la Fédé, en jeune . Jeune arbitre de la Fédération, c’est comme arbitre de Ligue1 mais pour les U17 et U19 nationaux, en tant qu’arbitre central. Il aurait fallu que je n’aie que 17 ans, pour pouvoir passer l’examen de jeune arbitre fédéral. Actuellement, c’est 17 ans, et à mon époque, c’était 18 ans. Avec du recul, j’aurai peut-être fait sport-étude, mais c’est comme cela …  Je suis arbitre en Régionale 1, au centre, et je fais assistant en Nationale 3 et parfois en Nationale 2. En R1, cette année, nous sommes 14. L’année dernière, nous étions plus nombreux. En coupe de France, tu peux arbitrer jusqu’en Régionale ; moi, j’ai fait un 5ème tour, en central, et un 6 ou 7ème tour en assistant. Après, ce sont les arbitres de Nationale 3 qui prennent le relais pour les 2 derniers tours régionaux. Après, quand on arrive aux tours suivants, quand des plus gros clubs arrivent, il y a quelques arbitres de Nationale 3 mais c’est très rare. Cette année, il y en a eu, car avec le Covid, il fallait faire le moins de kilomètres de déplacement possible pour tout le monde avec le couvre feux. Il y a Fabien Brun qui a pu faire Orléans-Romorantin, je crois, au 2ème tour fédéral. Ca, c’est propre, pour un arbitre de N3. 5 ou 6ème tour, pour les arbitres de R1, c’est le maximum, pour nous, malheureusement ... »

 

Te souviens-tu de tes 1er et dernier match ? :

« Mon premier match, c’était mon examen, à Fontaines les Dijon, en district, en -15 district …  Cela s’était très très bien passé. J’étais observé pas Alain Chaffanel, un ancien qui maintenant n’est plus de dans le monde de l’arbitrage. A l’époque, il avait toujours le cigare, au bord du terrain. C’était quelqu’un qui était respecté, que pas mal d’arbitres craignaient. Cela s’était très très bien passé.   Mon dernier match, c’est mon observation, il me semble, à Chartres, en R1, un samedi soir, cela s’est très très très très bien passé, sur le synthétique. Après, malheureusement, j’ai peur que la saison soit terminée. Et c’est dommage car j’ai très bien commencé la saison. J’ai des objectifs, et c’est de monter en Nationale 3. Si la saison se termine, cela va être compliqué, on part sur une année blanche, il va falloir recommencer dès le mois d’Aout. Tous les points cumulés devraient être remis à 0. Je ne sais pas comment les instances vont gérer cela. Pour le moment, je ne sais pas si on va être classé, avec si peu de matchs depuis le début de la saison. J’ai fait 8 matchs, jusqu’au 20 Octobre. 5 au centre et 3 en assistant en Nationale 3. »

 

Comment sais-tu si tu as un match à arbitrer ? :

« Il est préconisé de préciser ses indisponibilités 3 semaines avant. En Ligue, on a les désignations 10 jours avant le week-end concerné … Si on se met en indisponibilité au dernier moment, on risque un malus en fin de saison voire 1 ou 2 matchs de suspension. Après, le jour du match, cela dépend si c’est un samedi soir ou si c’est un dimanche après-midi. Si c’est un samedi soir, c’est pas mal de faire une petite sieste avant de prendre la route ; il faut reposer un petit peu les jambes ; il faut bien s’hydrater, beaucoup beaucoup d’eau ; au niveau de l’alimentation, j’essaye de prendre des féculents, tout de même … moi, j’ai madame qui me fait pas mal de lasagnes souvent la veille d’un match ou si c’est le samedi soir, pour le samedi midi. Lasagnes-salade. Pour le match, j’essaye toujours d’arriver 1h45-2h avant le coup d’envoi, comme cela, si j’ai une panne sur la route, j’ai un peu de marge. Il faut que j’arrive 1h30 avant match, au minimum. Aussi bien en N3 qu’en R1 ou R2 ou R3, quel que soit le niveau. Je prépare mon sac la veille, je le check le jour même, pour voir si je n’ai rien oublié, si j’ai bien rechargé mes drapeaux électroniques la veille, les maillots, j’ai toujours ma petite barre de céréales avec mon petit fruit pour la mi-temps. J’ai toujours la petite boite de sucreries pour les arbitres ou le délégué. J’ai toujours fais cela. La pâte de fruit ou les bonbons, ça permet aussi la cohésion, c’est très important. Si l’arbitre, il vient , il donne ses consignes, on fait le match, et c’est terminé, si il n’y a pas de discussions … ce n’est pas très agréable. On est là pour passer un bon moment, et on est 3. C’est important, la cohésion, avec les arbitres. Pour la désignation de ces 3 arbitres, ce n’est pas aléatoire. C’est le désignateur qui choisit les arbitres. En R1, l’arbitre central est forcément un arbitre de niveau R1 ou N3; pour les assistants, il y a soit un spécifique assistant, en R1, c’est inévitable, et un arbitre central de R2 ou de R3 soit deux arbitres centraux de R2 ou R3, cela dépend. Cela peut arriver que ce soit un jeune arbitre de Ligue de centre qui fasse l’assistanat, comme cela, cela lui permet d’avoir un pied en catégorie séniore. Dès qu’on est jeune arbitre de Ligue, on y reste généralement 1 an ou 2, et après, on va en senior. Cela leur permet aussi de s’acclimater à cette catégorie qui est vraiment une catégorie difficile, très difficile... Voilà comment cela se passe. Mais, j’ai oublié de le dire, j’appelle toujours mes assistants le mercredi ou le jeudi avant le match. Un petit message, si j’ai déjà tourné avec eux pas mal de fois, ils savent comment je procède. Et quand ce sont des arbitres assistants avec qui je n’ai jamais tourné, je leur passe un petit coup de téléphone, je leur demande ce qu’ils ont comme maillot, je leur dit de venir 1h30 avant le coup d’envoi, je leur propose de passer les prendre si ils sont sur mon chemin. Cela m’est déjà arrivé qu’on se rejoigne et qu’on aille boire un petit café, avant de se rendre sur le lieu du match. Tout ça, c’est pour la cohésion, c’est très important. Je retrouve régulièrement des arbitres avec lesquels j’ai déjà officié. En Nationale 3, je tourne souvent avec les mêmes centraux ou les mêmes spécifiques assistants, parce qu’il n’y en a pas beaucoup. En R1, des spécifiques assistants, il n’y en a pas non plus 50 donc c’est souvent les mêmes avec qui je tourne. Pour les centraux R2-R3 qui font assistant 2, c’est rare que ce soit les mêmes, donc souvent, je leur passe un petit coup de téléphone avant, histoire de faire connaissance, d’autant que moi je suis arrivé dans la Ligue de Centre Val de Loire il n’y a pas très longtemps, donc je ne connais pas tous les arbitres. Je viens d’une région où je connaissais quasiment tout le monde. Ce n’est pas facile de reconnaitre déjà physiquement les gens, donc avec juste un nom, c’est encore plus compliqué, surtout quand je n’ai tourné qu’une seule fois avec eux. Eux, par contre, ils vont se rappeler de moi, parce que je suis nouveau. »

 

Pourquoi as-tu des drapeaux électroniques ? :

«Ces drapeaux électroniques ne sont pas obligatoires, mais c’est confort … Je les ai eus quand j’étais candidat Ligue, R3, j’ai fini major donc je suis monté R2 directement. J’ai vu avec mon ancien club pour qu’il me les offre. En R1 et National 3, il y en a beaucoup qui les ont. Cela montre aussi tes ambitions par rapport à ton niveau. L’arbitre qui vient juste avec ses drapeaux qui coûtent 10 balles, cela ne fait pas très sérieux, il n’est pas très impliqué. Mais ces drapeaux électroniques coûtent un peu chers … Je suis un peu soigneux, j’en prends soin. Cela fait 6-7 ans que je les ai. Ils n’ont pas bougé. J’ai du mal à les prêter à des arbitres bénévoles, car certains n’en prennent pas soin, et après, il peut y avoir des anomalies … C’est pour cela que quand je le fais, je leur demande d’en prendre soin, comme je l’avais fait avec toi. Ces bénévoles le comprennent bien, vu le prix. Ce n’est pas mon travail, d’arbitrer, c’est une passion. Mais j’ai déjà eu le cas, avec plusieurs arbitres bénévoles, où, par exemple, ils sont pour leur club, et tu siffles un pénalty contre leur club, et, par énervement, ils vont claquer le drapeau par terre … ça ne passe pas trop … Toi, quand tu as du en profiter, en U16R2, tu as du apprécier. Car tu t’y habitues vite, tu n’appuies pas systématiquement. Si tu appuies 7-8 fois dans le match, c’est que tu t’en seras déjà bien servi. »

 

Tu arbitres environ combien de matchs, en période “normale” ? :

« On a un nombre de matchs minimum à faire pour couvrir le club pour le lequel on compte, pour les statuts de l’arbitrage. Après, pour avoir le maximum de bonus, il faut en faire 25 au minimum, cette année, c’était 30…Donc il faut être dispo souvent.  Je travaille des fois le week-end. Mais de toute façon, j’essaye de faire mes 4 matchs dans le mois, pour avoir le nombre de matchs minimum en fin de saison. Donc , il y a 3 fois où je n’arbitre qu’une fois dans le week-end, et pour palier le fait que je travaille, il y a un week-end dans le mois où j’arbitre le samedi et le dimanche, et dans ce cas, c’est forcément une fois central et une fois assistant. Je peux faire 2 fois assistant mais pas 2 fois central. Légalement, on n’a pas le droit. Mais de toute façon, physiquement, ce serait compliqué. Et j’observe des fois les jeunes arbitres. Cette année, jusqu’en octobre, j’observais les jeunes arbitres de Ligue. J’essaye d’être superviseur une fois par mois, pour que je puisse dépanner la Ligue de 8-10 matchs sur la saison. Lors du stage de rentrée, je suis juste intervenu lors de la présentation aux jeunes arbitres de Ligue et des observateurs sur la saison. Comme je ne suis pas membre de la Commission Régionale de l’Arbitrage, comme je suis juste observateur pour la CRA, j’observe juste le jeune arbitre sur son match. J’arrive juste 1h avant le match, voir si il arrive à l’heure, tout de même ; après, je le mets en confiance, si il a des questions des questions à me poser, après je le laisse dans son match ; une fois qu’il a terminé son match, je suis là pour sa sécurité si le match a été un peu compliqué, je suis là si besoin, pour prendre des notes, pour filmer, cela sera toujours bon à prendre ; et une fois que le calme est revenu, je le laisse avec la feuille de match. Puis, je lui fais le dérouler de son match, en une bonne quinzaine de minutes. Après, à froid, dans les 48-72 h, je fais un rapport écrit au jeune arbitre qui passe par le responsable des jeunes arbitres à la CRA et qui relis le rapport avant de lui envoyer, mais sans la note. »

 

 

Comment se passent les évaluations ? :

« En Régionale 1, on est évalué sur 4 matchs, durant la saison, par 4 observateurs différents. Forcément en championnat, pas en coupe, car ce n’est pas forcément les mêmes niveaux. Je suis en R1, je ne peux pas être évalué sur un match de R2 ou de R3. Après, on a la théorie, qui est de plus en plus compliquée, il faut bien se plonger dans le bouquin si on veut vouloir être un minimum bien sur la théorie. Après, plus on a de bonnes notes, plus on a un bon classement. Et à la fin de la saison, c’est sur cela qu’on est classé. En tout début de saison, vers le 20 Aout, on a les tests physiques, pas trop de repos sur la trêve estivale… Souvent, je reprends l’entrainement physique autour du 20-25 juillet, et comme il y a les vacances d’été, je me repose aussi un peu. Donc je suis aussi obligé de courir quand je suis en vacances, pour être un minimum prêt. Pour l’évaluation théorique, dans notre Ligue, cela se déroule sous la forme d’un stage, un ou deux jours, souvent à Châteauroux. On est évalué tous ensemble. Il y a des questions théoriques sur tout et n’importe quoi sur les lois du jeu, il y a de la vidéo pour lesquelles il faut répondre à des questions par des décisions techniques : coup franc, pénalty … et la sanction disciplinaire appropriée à la faute subie sur le terrain, sous forme de « croix » ; et on a un match, qui est résumé avec des situations bien précises, et on doit commenter et argumenter la décision que nous on prend. Il faut vraiment être concentré, car la vidéo, on la voit 2 fois, et il faut être vraiment vraiment très pointilleux. C’est basé sur le règlement Fédé, donc on essaie de travailler en Régionale pour ceux qui sont en Nationale 3, voire potentiel Fédé qui sont en R1. »

 

 

Quel fut ton meilleur souvenir et ton moins bon ? :

«  Je n’ai pas vraiment de match en particulier, car chaque match est différent. Je viens de Bourgogne, maintenant Bourgogne-Franche Comté, et quand j‘étais jeune arbitre de Ligue, encadré par l’excellent , petit par la taille mais grand par le talent, Clément Turpin qui organisait cela avec Thierry Waniart qui est aussi à la Fédé, quelqu’un qui a été très très important dans l’arbitrage bourguignon, j’ai eu la chance de participer 2 fois au « Tournoi sans frontière » de Sens, dans l’Yonne, que tu connais donc, tournoi international U14. Où, localement, il y a une sélection Nord-Yonne, avec FC Sens, l’Alliance, St Clément, Paron … J’ai pu arbitrer de belles petites équipes comme Liverpool, Bayer Leverkusen, Marseille mon club de cœur, … Et j’ai pu faire une finale, Lyon-Rennes, en tant qu’assistant, il devait y avoir 5 à 600 spectateurs. C’était ma 2ème année d’arbitrage. Cela fait bien bien plaisir. C’est vraiment un tournoi à part, il y a beaucoup de joueurs professionnels qui sont passés par ce tournoi. J’ai pu arbitrer Maxime Lopez quand il était à l’Olympique de Marseille. Et au niveau du moins bon souvenir … il y en a plusieurs … je dirais … match de U16 Honneur, à Chalons contre Louhans Cuiseaux, match classé à haut risque où on s’est fait frapper dessus, et il a fallu appeler la police. Il y avait eu bagarre, suite à un carton rouge ; j’étais assistant, j’avais appelé l’arbitre central pour un joueur qui avait mis une balayette à un autre joueur, et la famille du joueur nous attendait en haut des tribunes où il fallait passer pour rejoindre les vestiaires, ce fut très très compliqué … Au niveau « sécurité », il y avait juste un délégué, le président de la Commission Régionale de l’Arbitrage qui était là, mais malheureusement il n’y a pas eu la sécurité adéquate... Il y en a eu plein d’autres, des mauvais moments, mais c’était mon premier fait marquant. Après, il y a des insultes à chaque match, malheureusement, tant qu’il y aura des pseudos-spectateurs qui sont anti-arbitres, forcément … Ou que certains produits seront consommés derrière la main courante, cela n’aidera en rien. Mais il n’y a malheureusement pas assez de bénévoles pour faire régner l’ordre autour des terrains… Il y en a déjà de moins en moins, donc s’il fallait qu’ils s’occupent de cela, les pauvres…  »

 

T’es- tu déjà blessé, en arbitrant ? :

« Heureusement, non. .. J’ai toujours cette appréhension, surtout que je n’ai plus 20 ans , d’autant plus sur ces terrains synthétiques… J’en ai marre de ces terrains synthétiques où c’est très dangereux pour les genoux. En tant qu’arbitre, on se base beaucoup sur les appuis, et c’est sur des démarrages, cela peut être risqué. Et il y a beaucoup de terrains gras, ce qui n’aide pas. Même si en R1, les terrains ne sont pas trop mal, ils ne sont pas tous nickels. Je ne me suis pas blessé, je touche du bois, et j’espère que cela va continuer comme cela. Si jamais un des 3 arbitres se blessent, il n’y a pas de 4ème sauf en finale de coupe de Centre Val de Loire. Si c’est le central qui se blesse, c’est un des 2 assistants qui prend sa place. S’il y a un arbitre officiel dans l’enceinte du stade, c’est lui qui va prendre la place de l’assistant qui remplace l’arbitre central. S’il n’y en a pas, c’est un dirigeant d’une des 2 équipes, qui a une formation d’arbitrage qui le remplace. S’il y en a 1 dans chaque équipe, c’est par tirage au sort. Et si il n’y a personne, je n’ai jamais eu le cas, mais je pense que c’est quelqu’un qui est inscrit sur la feuille de match, mais je ne sais pas qui, c’est une question à laquelle je ne pourrai pas répondre … mais il y a très peu de risque, tout de même. Il y a toujours un dirigeant bénévole qui sera présent, même si il ne sera pas forcément satisfait de prendre le drapeau, mais au final, il faut quelqu’un, car on ne peut pas arbitrer juste avec 2 arbitres … C’est donc bien quand il y a des bénévoles qui sont volontaires, tout comme toi, car il en faut. Pour nos matchs, quand nous arrivons au stade, c’est le délégué qui nous reçoit. Il arrive environ 1h45 avant le match. Il nous accueille, nous présente le vestiaire, il nous demande d’aller voir le terrain, on lui précise si il y a des anomalies sur le terrain. C’est lui qui fait le tampon entre les arbitres et le club recevant. Il va nous chercher les maillots des 2 équipes. S’il y a quelque chose dont on a besoin, on passe forcément par lui. Cela évite que nous, les arbitres, nous rentrions en contact avec les membres du club. Généralement, cela se passe bien avec les délégués, il n’y a pas de problème particulier. Heureusement que le délégué est là, car il y a certaines fois, où cela ne passe pas très bien, entre les arbitres et certains clubs, ou pour gérer le banc de touche. Certains clubs se rappellent plus de la minute où cela a pu se passer mal pour eux, suite à une décision de l’arbitre plutôt que les 89 minutes précédentes où tout était bien. Le délégué nous décharge de beaucoup de choses : des fois, on arrive dans notre vestiaire, la feuille de match est quasiment prête,  il a déjà demandé les bouteilles d’eau, … Des fois, c’est vraiment bien, vraiment bien.  Pendant ce temps-là, nous, on peut se concentrer déjà sur notre match, sur la préparation d’avant match. »

 

La pandémie, forcément, cela fait que tu n’as plus de match à arbitrer. Comment cela se passe par rapport  à la Ligue? :

« Oui, on a des relations avec la Ligue, avec le président de la commission régionale de l’arbitrage, Michel Bonichon.  Il nous envoie des mails régulièrement. On devait avoir le stage avec la théorie, prévu au mois de décembre, qui a été repoussé une première fois au mois de mars. Et après, il nous a envoyé un nouveau mail pour nous dire que c’était annulé jusqu’à nouvel ordre. Entre temps, on a eu un questionnaire d’entrainement, juste entrainement, sans notation. Je ne te cache pas qu’un, c’est bien, mais si on pouvait en avoir tous les mois, ce serait bien, car dans l’arbitrage, on perd très vite si on ne pratique pas  … Comme des lois du jeu changent tous les ans … Il y a toujours des variantes ou des améliorations. Celui qui ne regarde pas ces changements, en début de saisons, il est largué. On reçoit aussi quelques comptes rendus de réunion. J’ai aussi eu quelques mails de la part du district, de la Commission Départementale de l’Arbitrage du 28, de compte rendu de réunions, aussi. Avec le nouveau président de la CDA qui vient d’être mis en place, il y a pas mal de mails échangés aussi, dans lequel il nous incite à regarder le bouquin, il nous demande aussi de nous entrainer, pour essayer de ne pas trop perdre et de ne pas prendre de poids. Donc il y a toujours 1 ou 2 mails qui arrivent par mois. On a eu quelques visios, aussi, pour parler de l’arbitrage, de la saison qui risque d’être une saison blanche, malheureusement. Quand on est en Ligue, c’est tout de même suivi, ils ne nous laissent pas tout seul. »

 

 

Comme tu es arbitre officiel, comment cela se passe, en début de saison, en cours de saison … Vous avez des stages de remises à niveau, des séminaires ? :

« Il y a le stage de début de saison où on se réunit tous, on n’est pas divisé par catégories. Il y a tous les arbitres de la Ligue, pour parler des nouvelles lois du jeu et présenter la saison à venir, avec les observateurs par catégories, la liste des arbitres par catégories, tout ce qui va se dérouler sur la saison : la programmation des stages, des tests, ... Il y a aussi toujours un stage en milieu de saison, juste avant la trêve, et on en profite pour faire le test théorique, on fait un peu de vidéo, et on fait aussi un peu d’arbitrage sur le terrain. »

 

Tu es arbitre officiel, donc tu dépends d’un district, d’une Ligue, mais tu as aussi affilié à un club ; cela consiste en quoi : ?

« Tu peux même être indépendant, et il y en a de plus en plus. Car il y en a qui ont eu des mauvais souvenir avec le club dont ils dépendaient, donc ils n’ont plus envie de s’embêter à rendre des comptes à un club. Mais cela veut dire qu’ils doivent se payer leur licence, leur matériel… Mais je pense que c’est tout de même bien de dépendre d’un club, cela permet aussi de voir du monde, et de faire des choses, si le club est réceptif ; et de permettre de motiver certains jeunes de se tourner vers l’arbitrage. Mais c’est sûr que si le club est anti-arbitre, je ne vais pas y aller. On a un nombre minimum de matchs à faire pour le club responsable de nous, vu qu’il nous paye tout de même certaines choses. C’est bien d’aider le club aussi en arbitrant des tournois, des matchs amicaux ; et nous, arbitres, cela nous permet aussi de nous entretenir. Et c’est toujours bien, aussi, qu’un arbitre se montre au sein du club. Parce que vous, les joueurs, quand vous jouer, nous on arbitre, donc on ne peut pas être là. Je crois, qu’au niveau du nombre de matchs qu’on doit faire, si on est 3 arbitres, comme à Maintenon, on doit faire au total 60 matchs, donc une moyenne de 20 par arbitre. Pour compter pour les statuts de l’arbitrage. Et il y a des clubs qui sont bien contents d’avoir des arbitres, car cela permet d’avoir plus de mutations. Cela peut aussi ne pas empêcher une montée. Par exemple, à Maintenon, avec 3 arbitres, je coirs qu’on pourrait monter jusqu’en R1 ; je crois qu’en N3, il en faut 4. Donc c’est important de réussir à motiver des jeunes. Cette année, à Maintenon, on avait réussi avec différentes personnes à mettre en place une sensibilisation, sur une journée ou deux, sur l’arbitrage, où je me présente par exemple. Guillaume m’a déjà présenté à l’équipe première. Mais au final, on n’a rien pu mettre en place, avec la pandémie, rien rien rien, c’est malheureux. Par exemple, Guillaume m’avait demandé de faire tout un plan de travail sur l’accueil des arbitres par le club. C’est prêt, mais je n’ai malheureusement pas encore pu montrer le projet. Mais je ne vais pas rester 10 ans en Eure et Loir, je retournerai un jour dans ma région natale… Mais même dans ce cas, en restant bénévole pour le club, je pourrais toujours former des jeunes. Je ne pourrais plus représenter le club, car pour cela, il faut officier dans la même Ligue. »

 

Des choses à ajouter  : ?

 « Merci pour cette interview, cela fait bien plaisir. J’en avais déjà fait une par le biais du journal de mon département, en Côte d’Or, mais ce n’était pas aussi poussé. Là, il y a eu une vingtaine de question, et dans le journal, il n’y en avait eu que 5 ou 6. L’article dans le journal, c’était tout de même sympa. Là, c’est bien, cela va permettre aux gens du club qui ne me connaissent pas, de mettre une tête sur moi, c’est bien. J’avais lu celle sur Jean Pierre Lominé, c’était très très sympa. C’est bien de faire ces interviews, et les interviews filmées aussi. Mais c’est compliqué, ces interviews filmées, parce qu’on n’est pas habitué, on cherche les mots pour ceux qui n’ont pas l’habitude. Et celles d’après matchs, c’est bien, aussi. Il faut continuer, c’est bien. Il n’y a pas beaucoup de clubs qui font çà. Mais pour les interviews écrites, cela doit te prendre un temps fou à retranscrire. Pour se revoir sur un stade, ce ne sera pas de sitôt…  Peut-être sur un tournoi … »

 

 

FM 03/2021

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